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Diversification, brasserie

Agriculteur et brasseur : deux passions, dix métiers

Publié le 16/01/2017 - 14:36

Vincent Crosnier : "La bière est loin d’être une tradition en Eure-et-Loir. Mais j’ai pourtant bien le sentiment de m’inscrire dans la continuité familiale puisque mon père a, depuis ses débuts, fait des choix pour diversifier son exploitation". Photo : S. Seysen/Pixel image
« Ma vocation première reste l’agriculture » affirme Vincent Crosnier, agriculteur et brasseur à Chandres en Eure-et-Loir, au sud de Chartres. BEP, bac pro, BTS puis licence professionnelle à Nancy, ses études lui permettent de mûrir petit à petit son projet d’installation et de s’ouvrir à d’autres horizons. La ferme familiale compte 125 hectares en céréales, oléoprotéagineux, pommes de terre et betteraves.

Au début, je pensais m’installer en reprenant une structure proche de celle de mes parents pour ensuite travailler en commun, puis j’ai petit à petit réfléchi à la voie de la diversification, explique-t-il.

Reste à trouver la diversification qui lui correspond. Et c’est à Nancy qu’il a eu le coup de cœur. Vincent Crosnier découvre l’univers de la bière avec son maître d’apprentissage, agriculteur et brasseur dans la Meuse. Il y apprend les bases du métier et rencontre un consultant spécialisé avec qui il suivra plus tard une formation plus approfondie. C’est aussi grâce à ce contact qu’il a l’opportunité, dès 2005, de racheter du matériel d’occasion suite à la fermeture d’une microbrasserie en Vendée. Il se lance alors dans l’aventure.

Mes parents étaient sceptiques au départ. La bière est loin d’être une tradition en Eure-et-Loir. Mais j’ai pourtant bien le sentiment de m’inscrire dans la continuité familiale puisque mon père a, depuis ses débuts, fait des choix pour diversifier son exploitation : irrigation, semences, pommes de terre, et plus récemment betteraves, présente le jeune agriculteur âgé de 34 ans.

Sur tous les fronts

L’achat de la brasserie d’occasion représente un coût de 100000 euros mais l’investissement total s’élève à 250000 euros, avec notamment l’aménagement du bâtiment et l’achat d’un camion pour les livraisons. La première année, 115 hectolitres de bière sont produits.

Ce premier outil de production nous a permis de nous lancer avec un investissement mesuré, adapté à notre capacité d’emprunt, explique Vincent Crosnier.

Je faisais tout moi-même, au début : de l’élaboration des recettes à la production et aux livraisons, en passant par la commercialisation, le marketing… Puis, ma mère a pu être embauchée par la brasserie pour la partie commerciale. Pour pouvoir lui assurer un plein-temps, nous avons développé une boutique où nous revendons aussi les produits d’autres producteurs locaux et nous proposons des paniers garnis aux collectivités ou aux comités d’entreprise.

 

En 2013, un bâtiment est construit pour abriter un tout nouvel outil de production. L’objectif, à moyen terme, est d’atteindre une production de 2000 hl. La capacité totale est de 4000 hl. Les choses sont en bonne voie puisque la brasserie de Chandres a commercialisé 1415 hl en 2015.

D’après notre prévisionnel, nous devrions pouvoir embaucher une personne supplémentaire lorsque nous aurons atteint une production de 1800 hl. Il faut environ 600 hl pour financer un plein-temps, précise Vincent Crosnier, qui tient aussi à continuer d’assurer du travail sur l’exploitation agricole. 

 

"Pour assurer un plein-temps, nous avons développé une boutique où nous revendons aussi les produits d’autres producteurs locaux et nous proposons des paniers garnis aux collectivités ou aux comités d’entreprise." Photo : S. Seysen/Pixel image

Proximité et qualité

Heureusement, grâce au savoir-faire du fermier brasseur, la bière L’Eurélienne semble avoir trouvé son public.

Il faut environ cinq ans pour se faire connaître. La dégustation est vraiment le juge de paix, avant le prix. Nos clients attendent un produit local et de qualité, présente Vincent Crosnier. Mais rien n’est jamais acquis. La clientèle évolue en permanence, les saisons ne sont jamais les mêmes et il faut toujours se remettre en cause, continuer à communiquer, à proposer de la nouveauté.

Aujourd’hui, la gamme compte 12 références : blonde, rousse, blanche, brune, stout, pils, triple, ambrée myrrhe, fruits rouges…

D’un côté, nous profitons d’un engouement pour les bières artisanales et les circuits courts, mais de l’autre, nous sommes tributaires de la conjoncture générale morose et d’une concurrence plus forte, précise Vincent Crosnier.

Retrouvez l'intégralité de l'article dans Cultivar de septembre 2016.
Cultivar 692
 

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