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Être agriculteur dans 10 ans

"Les robots : mes alliés du quotidien !"

Publié le 13/02/2017 - 17:24

Cultivar vous propose aujourd’hui un saut dans le temps. Rendez-vous en 2025, chez Jean Pignon, exploitant agricole dans le Tarn. Seul à la tête de 600 hectares, cet exploitant tout juste trentenaire ne regrette pas les choix qu’il a faits en s’installant : faire confiance aux robots ! Accrochez-vous, on embarque pour le futur !

"Les robots : mes alliés du quotidien !". © New Holland

Lorsqu’on arrive chez Jean Pignon, dans les coteaux du Lauragais, rien ne laisse penser que cette exploitation diffère de celle des voisins. Le premier indice apparaît lorsque Jean ouvre son hangar, pour nous présenter son matériel. Le seul tracteur conventionnel présent est un Renault 155-54, qui sent bon le 20e siècle.

J’ai repris l’exploitation de mon père et de mon oncle il y a 3 ans. Pour cultiver les deux fermes de 300 hectares, ils avaient une flotte de 3 tracteurs chacun, allant de 140 à 300 chevaux. Aucun des six tracteurs présents sur l’exploitation ne dépassait les 300 heures par an. Il fallait donc que je rationalise tout ça, pour diminuer mes charges de mécanisation. Durant toutes mes études d’ingénieurs, la robotique m’a toujours attiré. Dès 2017, j’étais le premier à croire aux solutions que présentaient les tractoristes au Sima : oui, les tracteurs autonomes et autres robots pouvaient trouver leurs places dans les cours de fermes. 

Les sondes tensiométriques sont bien pratiques pour Jean Pignon. Crédit Photo: Arvalis

Dans cette région, le maïs est roi depuis des siècles. Mais depuis que Karine Le Marchand, nouvelle ministre de l’agriculture, est en place, elle a fait passer une loi contraignante au niveau de l’irrigation. En effet, depuis cette loi promue en 2019, l’irrigation est autorisée seulement entre 21h et 7h, avec un quota maximum de 80 mm/ha par campagne.

S’adapter à cette loi n’était pas trop complexe. Mon père avait déjà investi dans une solution de gestion des pivots à distance. Pour améliorer l’efficacité de l’irrigation, j’ai pris la décision de remplacer une partie des pivots par de l’irrigation par goutte à goutte enterrée. Mais la gestion de l’irrigation reste la même : le soir, lorsque je mange en famille, je fais un tour sur ma tablette pour surveiller diverses données. Avec ma station météo connectée en radio basse fréquence, je suis capable de consulter l’historique complet de mes différentes parcelles de maïs. Les différentes sondes tensiométriques que j’ai implantées un peu partout me permettent de connaître avec précision l’état hydrique de mes sols, et je n’ai donc plus qu’à déclencher le goutte à goutte avec ma tablette, seulement si toutes les conditions sont réunies. 

Jean Pignon a été le premier a investir dans le robot Mars de Fendt. Crédit photo: S.Billaud/Pixel Image

Si cette solution ne parait pas novatrice, c’est au moment de l’implantation du maïs que Jean Pignon a vraiment créé une rupture avec les méthodes de travail de son père.

C’est vrai que je suis passé pour un fou en étant le premier en Europe à investir dans le projet Mars de Fendt. Mais avoir une flotte de 25 robots autonomes, capable de semer mes 450 hectares de maïs en moins de 10 jours, était la bonne solution pour moi. Chaque robot pèse moins de 80 kilos, ils peuvent donc aller dans les champs même si le sol n’est pas totalement ressuyé, ce qui me fait gagner une quinzaine de jours au moment du semis. Avec tous leurs capteurs, je suis capable de géolocaliser avec précision chaque graine implantée. Avec mon conseiller de coop, nous sommes donc en mesure de suivre l’évolution de mes maïs semences avec une précision inconnue jusqu’alors!

 

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Retrouvez tous les autres choix de Jean Pignon dans le numéro de février de Cultivar Leaders.

 

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