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Nuffield

Charge de méca, qualité nutritive de l'ACS et laiterie mobile au menu des boursiers Nuffield 2018

Publié le 03/02/2020 - 13:58

L’association Nuffield France avait donné rendez-vous le 21 janvier 2020 à l’APCA pour la présentation des rapports des boursiers 2018. Les 3 lauréats, Julien Hérault, Guillaume Millard et Vincent Gallard, en plus de nous faire voyager aux quatre coins de la planète, ont partagé leurs points de vue sur chacun de leurs sujets d’études. Au menu cette année : comment raisonner un investissement optimum en agroéquipements, un focus sur le lien entre qualité nutritive et ACS, et une laiterie mobile : est-ce possible ?

 

Julien Hérault a ouvert le bal en s’attaquant au sujet complexe des charges de mécanisation. Ces charges représentent une part importante dans le coût de revient de nos productions, mais il est pourtant difficile de calculer réellement leur montant. « Il existe de nombreuses possibilités d’analyser nos charges de mécanisation après avoir réalisé un investissement, mais il existe très peu de ressources pour savoir dans quoi je dois investir réellement. »

 

Face à ce constat, et après avoir visité de nombreux pays, dont les États-Unis, l’Écosse, l’Angleterre et l’Allemagne notamment, Julien Hérault a conclu qu’il manquait aujourd’hui un élément essentiel dans la prise de décision d’un agriculteur : un outil pour calculer le nombre de jours agronomiquement disponibles. « Actuellement, une majorité d’agriculteurs choisissent le dimensionnement en fonction de l’année la pire qu’ils ont rencontrée dans leur carrière. C’est de la gestion de risque. »

Julien Hérault travaille au développement de ce genre d’outils. L’exemple le plus concret est la moissonneuse-batteuse : « En faisant corréler hygrométrie et humidité du grain, nous sommes en mesure de savoir en avance le nombre d’heures pendant lesquelles la machine va pouvoir tourner l’été, pour s’équiper au plus juste. »

 

 

Guillaume Millard est agriculteur dans les départements de la Nièvre et de la Seine-et-Marne. Sur ces deux sites, l’exploitant est en semis direct, sous couvert si possible. Pour son projet d’études, ce jeune installé s’est appuyé sur deux constats : une étude qui date de 2000 de Daniel Thomas, qui montre qu’il faudrait manger quatre fois plus de légumes qu’un 1946 pour absorber la même quantité de nutriments, et surtout l’échec du label « Terre vivante » au Québec. « Avant de construire une charte pour la 3e voie qu’est l’agriculture de conservations des sols, il faut donc étudier si ce type d’agriculture réalise des produits de meilleure qualité ou non. C’est ce qu’attend le consommateur. »
Pour cela Guillaume Millard a été plusieurs mois aux États Unis pour faire une étude bibliographique précise des données actuellement collectées. Pour l’instant, peu de résultats peuvent être communiqués aux consommateurs en l’état. « Il semblerait qu’il y ait plus de mycorhizes en no-till, et que cette meilleure mycorhization offre une meilleure qualité nutritionnelle en tomates et en laitues, mais cela reste à confirmer. »

L’exploitant a également pu rencontrer une équipe de chercheurs qui mettent au point un scanner alimentaire, pour faire un lien direct entre qualité des sols et qualités des produits. Mais a priori, selon les premiers résultats, il ne semble pas montrer de lien direct entre type de production et qualité nutritive. À suivre donc !

 

Enfin, dernier boursier de cette promotion à présenter ses 2 ans d’études, Vincent Gallard a voulu explorer la possibilité d’une création de laiterie mobile. Pour cela, il a pu aller rencontrer des exploitations aux profils très différents aux quatre coins du globe : du Canada à l’Italie, en passant par les Pays-Bas notamment. « La création d’une laiterie mobile peut sembler étrange. Et pourtant, si je regarde ce qui se fait en viticulture, la valeur ajoutée se fait dans la commercialisation, et non dans la transformation. Mais ce type d’atelier doit répondre à deux contraintes techniques fortes : la transformation doit être rapide, pour passer d’un site à l’autre rapidement. Et les produits doivent pouvoir se conserver assez longtemps pour allonger au maximum la fréquence de passage. »

Vincent Gallard a donc étudié deux scénarii différents : la première formule serait une laiterie pour réaliser des yaourts, pour accompagner les éleveurs qui hésitent à se lancer. La seconde possibilité serait pour réaliser des produits type mozzarella et confiture de lait, pour réaliser des extensions de gamme. Dans les deux cas, l’investissement serait sensiblement le même, autour de 90000 euros. Mais après étude économique, seule la deuxième option pourrait être viable après 2 ans.

S’il y a bien une chose que Vincent Gallard a apprise grâce à son expérience Nuffield, c’est qu’il est important de construire un produit unique, avec une identité forte. « J’ai ainsi pu rencontrer un éleveur hollandais qui propose une expérience unique à ses clients : choisir une vache du troupeau et boire son lait uniquement, tout au long de l’année. Ceci est rendu possible grâce au robot de traite, qui va isoler à chaque traite le lait de chaque vache. »

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