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L’idée d’un cartel des pays producteurs de blé ressurgit

Publié le 08/10/2019 - 13:52

En marge de la 35e édition du salon Anuga qui se tient à Cologne (Allemagne) du 5 au 9 octobre 2019, Alexey Gordeyev a remis au goût du jour l’idée d’un cartel des producteurs de blé "façon Opep" – Organisation des pays exportateurs de pétrole. Alexey Gordeyev est en charge des affaires agro-industrielles de l’écologie et des ressources naturelles pour le gouvernement russe. Le principe serait donc de créer une organisation entre les pays producteurs et exportateurs de blé, "cette organisation pourrait ainsi contribuer à stabiliser les cours du blé, coordonner les prix et in fine résoudre le problème de la faim dans le monde", explique l’édile. Cette future organisation pourrait intégrer la Russie, l’Union européenne, les États-Unis, le Canada, l’Argentine, voire d’autres nations.

Une proposition qui n’est pas nouvelle, elle est régulièrement mise sur la table par les Russes,  mais elle n’a jamais vu le jour. C’est en 2008, à l’époque des émeutes de la faim que cette idée émerge. Le ministre de l’Agriculture russe de l’époque faisait ce genre de proposition avec cet argument : "les cultivateurs valent bien les cheikhs du pétrole", peut-on lire dans le Courrier international.

Sur d’autres types de matières premières, comme le cacao, des exemples récents de tentatives de "cartel" ou tout au moins d’entente sont à évoquer. En effet, en juillet 2019, la Côte d’Ivoire et le Ghana décident ensemble de stopper les ventes afin d’imposer aux acheteurs un prix minimum comme le rapporte Le Monde.

L’idée donc d’un cartel pour le blé pourrait être séduisante mais est-elle possible ? "C’est impossible au regard des règles de l’OMC", indique un spécialiste des marchés avant de poursuivre, l’exemple du cacao est différent de celui du blé, Côte-d’Ivoire et Ghana (via deux opérateurs privés) détiennent 80 % du marché mondial, et il faut aussi préciser que ce sont des pays qui ne sont pas trop sous les radars de l’OMC. Enfin, autre aspect technique, il faudrait aussi un accord avec l’Ukraine, sachant que tous les opérateurs ukrainiens sont des privés", poursuit le spécialiste.

Et puis dans les faits, regardons les choses sur le plan de la gépolitique : "Vladimir Poutine a tout intérêt à faire ce genre de proposition, il est extrêmement impliqué dans la filière céréalière. Grâce aux céréales, il met la main sur le Moyen-Orient et, pour lui, les céréales sont l’arme politique ultime tant sur le plan international qu’à l’échelle de la Russie. Avoir un outil de contrôle des prix domestiques lui permet aussi d’avoir l’opinion publique de son côté", analyse et conclut le spécialiste.

  

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