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Biocontrôle

Féveroles: des attractifs olfactifs à la place des insecticides

Publié le 30/08/2019 - 15:19

Pur lutter contre les bruches de la féverole, des attractifs olfactifs sont en cours de test comme alternative aux pesticides.

Si des études de faisabilité le confirment cet automne, des attractifs olfactifs devraient bientôt être mis sur le marché comme alternatifs aux insecticides sur féverole. En 2016, Cultivar avait relaté les premiers essais terrain. Il a fallu cinq ans de recherche à l’Inra, et des travaux de Ené Leppik pour approfondir le sujet.

Ce sont des agriculteurs qui, suite à une prise de conscience, sont à l’origine de la demande, et non les chercheurs ! affirme-t-elle. Via la caisse de recherche d’Arvalis, ils ont décidé de cofinancer des recherches sur les solutions alternatives aux pesticides pour protéger les abeilles, les bourdons, les pollinisateurs en règle générale, mais aussi les sols… Nous travaillons aujourd’hui avec des sociétés de prestations de services en expérimentation agricole (Antedis, PromoVert Cérestis) ainsi que des coopératives (Creully, Acolyance ou RAGT) ou avec le groupe Soufflet.

Les premiers travaux ont donc démarré sur la bruche, l’un des principaux bioagresseurs de la féverole.

Il faut savoir, explique Ené Leppik, que les insectes sont quasiment aveugles. Ils ont une perception de la lumière tout à fait différente de celle des primates. Ils ne distinguent que des contrastes en noir et blanc. En revanche, ils ont un excellent odorat qui cible la féverole en particulier. Notre travail a donc consisté en premier lieu à prélever des odeurs de la légumineuse au stade feuille (sans les insectes), au stade fleur (les insectes commencent à les coloniser) puis au stade gousse (le moment où les femelles pondent). Ces prélèvements et leur identification ont été effectués à l’Inra de Versailles. Nous faisions des tests sur les antennes pour comprendre ce que les insectes perçoivent… Et nous nous sommes rendu compte qu’ils ne perçoivent qu’une fraction des odeurs ! Nous sommes ainsi parvenus à deux formulations : une pour les fleurs et une pour les gousses. Chacune a fait l’objet d’un brevet.  

Si cette année, le dispositif fonctionne en limitant les pertes à 10 % maximum, les démarches pour la commercialisation pourront démarrer. Ené Leppik a ainsi créé sa start-up AgriOdo et espère lancer une levée de fonds pour démarrer cette nouvelle activité.

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