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Marchés

Les roublardises de Vladimir

Publié le 23/12/2014 - 11:19

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Dernier fait d’arme, la décision annoncée hier par le Vice-Premier ministre russe, Arkady Dvorkovich, de vouloir mettre en place des taxes à l’exportation sur les céréales. Mais cela fait déjà trois semaines que la Russie indique vouloir restreindre les exportations, en durcissant les exigences qualitatives à l’export.

Quelques éléments d’explication. La baisse du cours du pétrole, l’embargo russe sur l’importation de produits agroalimentaires occidentaux décidé cet été par le gouvernement russe et la dévaluation du rouble, qui a perdu 50% de sa valeur, ont entraîné une flambée des prix domestiques. Par ailleurs, la Russie a d’ores et déjà exporté des volumes records (+30%) sur cette première partie de campagne et les risques climatiques sur la production 2015 encouragent les autorités à prioriser l’approvisionnement du marché intérieur pour enrayer l’inflation.

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L'incertitude russe anime les marchés

Certes les bilans mondiaux sont lourds et on peut imaginer que l’offre traditionnelle russe sur les marchés pourra être compensée par d’autres origines, notamment européennes ou ukrainiennes, mais il faut quand même rappeler que sur la scène internationale, la Russie est le 4e exportateur mondial en blé (23 millions de tonnes) et le 2e exportateur mondial en orge (4 millions de tonnes). Une raison suffisante pour créer de la volatilité sur les marchés, notamment de ce côté-ci de l’Atlantique. Hier soir, sur toutes les échéances à venir, les cours du blé s’affichaient à la hausse en tutoyant les 200 euros/t. Pour Michel Portier, directeur du cabinet Agritel,

ces différents éléments viennent agiter les marchés et engendrer une hausse des cours du blé. Toutefois cette conjoncture est loin d’être pérenne à moins que les affres de l’hiver ne viennent effectivement détruire les volumes potentiellement disponibles.

La semaine dernière, le GASC égyptien concrétisait l’achat de 300 000 tonnes de blé, dont 240 000 t à la France et 60 000 tonnes à la Russie, preuve que la dynamique à l’export s’est ralentie, quand bien même la Russie avait par ailleurs annoncé que ces restrictions ne concerneraient pas l’Égypte, ni la Turquie et l’Arménie. Tous ces annonces et intentions contribuent à semer le trouble et la confusion chez les opérateurs de marchés voir même, ils participent

à discréditer la Russie en tant qu’acteur fiable sur la scène internationale, analyse le cabinet Agritel.

Mais il en faut beaucoup plus à Vladimir pour que cela l’empêche de dormir. Il a d’ailleurs rassuré ses concitoyens lors de sa traditionnelle conférence de presse annuelle en fin de semaine dernière:  

Il faut envisager une sortie de crise d’ici deux ans, voire dès le premier ou le deuxième semestre de l’année prochaine !

La suite, au prochain épisode !

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