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Marchés des céréales

Les exportations françaises de céréales revues à la baisse par FranceAgriMer

Publié le 17/05/2022 - 09:28

Confinement chinois et hausse des cours du blé ralentissent les achats, ce qui amène FranceAgriMer à réviser à la baisse ses prévisions d’exportation pour les orges et blés français pour la campagne en cours.

Au cours des dix premiers mois de la campagne 2021-2022 d’exportation de céréales, la Chine reste le premier client du blé français: 2,2 Mt de blé avaient été exportées vers ce pays au 1er mai, contre 1,4 Mt vers l’Algérie, 1,2 Mt vers le Maroc, 300.000 t vers la Côte d’Ivoire et 250.000 t vers le Royaume-Uni. FranceAgriMer, au cours de son conseil spécialisé "grandes cultures" qui s’est tenu le 11 mai, a revu à la baisse ses perspectives d’exportations. Les pays de l’Union européenne ne devraient ainsi acheter que 7,99 Mt de céréales et non 8,06 Mt comme prévu précédemment. Les prévisions d’exportations vers les pays tiers passent de 9,50 Mt à 9,25 Mt.

La guerre en Ukraine ne profiterait pas au blé français

La guerre en Ukraine, qui prive les acheteurs mondiaux de grandes quantités de céréales devant être mises sur le marché, ne profiterait donc pas aux ventes françaises. Les explications sont multiples. D’une part, le confinement imposé en Chine dans le cadre de la politique "zéro Covid" ralentit les achats de ce pays qui reste, comme on l’a vu, le premier client des céréales françaises. D’autre part, l’Afrique, et en particulier l’Afrique subsaharienne, est moins présente à l’achat, car les stocks y ont été reconstitués et les cours actuels sont jugés trop élevés par beaucoup d’acteurs pour procéder à de nouvelles importations. En somme, le gel des exportations ukrainiennes, en faisant monter les cours du blé en flèche, a ralenti l’ardeur des acheteurs. Quant à la réduction des prévisions d’exportations vers les pays européens, elle tient avant tout à la baisse de la demande de céréales pour l’alimentation animale, due notamment à la grippe aviaire.

"La dépréciation de l’euro par rapport au dollar peut apporter un courant d’affaires supplémentaire sur la fin de campagne", nuance toutefois Marc Zribi, directeur de l’unité "grain et sucre" de FranceAgriMer, qui précise cependant que les tentatives de prévisions sont plus difficiles que jamais pour cette campagne atypique.

Les stocks prévus pour la fin de campagne sont revus à la hausse, atteignant 3,22 Mt pour le blé. On se rapproche des 3,3 Mt du stock final 2015-2016, qui est la première campagne au cours de laquelle les céréales de la mer Noire avaient fait une arrivée massive sur les marchés mondiaux.

Sans surprise, les exportations en provenance de la mer Noire sont en très forte baisse cette année. La Russie n’exporte pas depuis la mer d’Azov, mais depuis les ports de la mer Noire et en particulier Novorossiisk. "Elle pourrait fournir en partie les destinations habituelles de l’Ukraine", estime Marc Zribi, qui rappelle que les exportations ukrainiennes se répartissent habituellement à parts égales entre trois destinations: l’Europe, la Chine et le bassin méditerranéen. Les chiffres concernant les ventes russes ne seront plus communiqués, les autorités russes ayant indiqué le 22 avril qu’elles ne fourniraient plus, jusqu’à nouvel ordre, de données sur leurs exportations.

Depuis l’Ukraine en revanche, les exportations se sont effondrées depuis le début de la guerre, alors que c’est habituellement en hiver et surtout au printemps qu’ont lieu la majorité des exportations. Blé, orge et maïs cumulés, le ministère de l’Agriculture prévoit seulement 46 Mt de céréales exportées au cours de la campagne 2021-2022. Les itinéraires alternatifs aux ports de la mer Noire pour exporter les céréales ukrainiennes sont difficiles à mettre en œuvre et ne permettront de transporter que 10 à 20% des exportations habituelles, selon le cabinet spécialisé UkrAgroConsult. L’accès au port roumain de Constanta ou aux ports polonais, lituanien ou letton de la mer Baltique nécessite en effet des pré-acheminements difficiles à organiser, d’autant plus que la différence d’écartement des rails entraîne des ruptures de charge pour le trajet ferroviaire par la Pologne.

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