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Stockage

Le stockage à la ferme pour gagner en compétitivité

Publié le 24/11/2020 - 12:15

À l’occasion des États généraux de l’alimentation, la filière céréalière avait mis en évidence dans son plan de filière qu’une optimisation de sa chaîne logistique pouvait contribuer à faire gagner environ 15 euros par tonne commercialisée. Pour le compte de FranceAgriMer et Intercéréales, les cabinets Ceresco et Systra ont réalisé une étude d’évaluation des coûts de la chaîne logistique de la filière céréalière française. Cette étude réserve un chapitre au stockage à la ferme et à son potentiel quant à de possibles économies sur la chaîne logistique.

Selon une enquête Arvalis/BVA réalisée en 2017, près de la moitié des agriculteurs disposent d’une capacité de stockage (cellules métalliques principalement mais également stockage à plat) ; l’étude précise que ces stockages sont principalement dédiés au blé (60% des personnes interrogées). La capacité moyenne est de 579 tonnes, et la durée moyenne de stockage de 7,6 mois. Toujours selon l’enquête, 25% des agriculteurs qui stockent sont équipés pour le nettoyage du grain, et 10% équipés de séchoirs.

Souplesse de travail et opportunité économique

Pour les agriculteurs stockeurs, la première motivation est la souplesse de travail pendant la récolte, afin de ne pas être contraint par les engorgements des infrastructures. Par ailleurs, ils y voient aussi un intérêt économique à travers les primes de stockage et les opportunités de mise en marchés. Ils estiment également que le temps de travail est relativement réduit, d’autant plus avec le développement de système de surveillance à distance.

Dans cette étude, on peut noter aussi que certains agriculteurs souhaiteraient être encouragés par une prime sur la qualité du grain livré. Cette réflexion, comme le soulignent les auteurs, est à mettre au regard des risques du stockage à la ferme vis-à-vis des insectes notamment, qui peut entraîner une forte pénalité à la livraison, voire un retour du lot aux frais de l’agriculteur.

Un coût de stockage variable

L’un des objectifs de l’étude était de pouvoir chiffrer le coût à la tonne de chaque étape de la logistique, depuis la collecte jusqu’à la fosse de l’industriel ou du vraquier. Considérant la seule étape du stockage à la ferme, l’étude estime le coût de la tonne stockée compris entre 6,70 et 10 euros (durée d’amortissement de dix à quinze ans). Un coût qui évolue en fonction du type de silo, de la capacité globale, du taux d’autoconstruction, de la durée d’amortissement et du type d’équipement (traitement du grain et séchage). À ce coût s’ajoutent les dépenses énergétiques, comprises entre 0,40 et 0,70 euro/t, la main-d’œuvre, dans une fourchette de 0,50 à 1,40 euro la tonne.

Le coût global pondéré est de 10,9 euros/tonne, un coût qui peut descendre à 5 euros si les installations sont amorties.

L’étude s’intéresse par ailleurs au stockage en silo bags, dont le coût serait compris entre 5 et 8 euros/tonne. Ce type de stockage, très développé ailleurs dans le monde, offre un certain nombre d’atouts, la bonne qualité de conservation, un coût d’exploitation faible et des investissements réduits. En revanche, ces silo bags présentent un risque par rapport aux rongeurs et aux oiseaux, ils immobilisent un peu de foncier (bouts de champ) et génèrent des déchets plastiques.

Sur la base du testimoniale, les OS jugent de façon hétérogène le stockage à la ferme entre « mal nécessaire et opportunité pour gagner en compétitivité », résume l’étude. Elle souligne toutefois que certains OS ont fait le choix d’accompagner les agriculteurs vers ce type de stratégie par de la formation et du conseil.

 

Avantages et inconvénients du stockage à la ferme

Source : Évaluation des coûts de la chaîne logistique céréalière française (Ceresco et Systra).

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