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L’Afrique du nord, une région majeure pour le blé français

Publié le 02/02/2016 - 11:15

L’Hexagone est de loin le premier fournisseur de blé tendre du Maghreb. © Alexandr Vasilyev/Fotolia
Les chiffres parlent d’eux-mêmes, les importations algériennes de blé tendre sont de 70 à 80% d’origine française, pour un volume proche des 5 millions de tonnes pour la campagne 2013/2014. Alexandre Boy, consultant, analyste de marché pour le cabinet Agritel insiste: « les relations économiques entre la France et les pays du Maghreb sont fortes. L’Hexagone est de loin le premier fournisseur de blé tendre du Maghreb ». Pour des raisons historiques bien sûr, mais aussi techniques « le blé français est particulièrement adapté au mode de panification rencontré dans les trois pays (Maroc, Algérie, Tunisie) avec des pains à pâte levée dotée d’une croûte croustillante », poursuit le consultant.

Certes ces pays sont aussi producteurs mais avec la croissance de la population et un régime alimentaire dont la consommation théorique de blé dépasse les 200 kg/an/habitant (contre 75kg/an/habitant en France), les besoins dépassent la production. Le taux d’autosuffisance est ainsi de 10% environ en Algérie et en Tunisie et d’environ 40 à 60% au Maroc. En blé dur les importations couvrent entre 25% et 50% des besoins selon les années pour les 3 pays. Petite parenthèse s’agissant de l’Afrique de l’ouest, la consommation moyenne de blé n’est que de 10 à 15 kg/an/habitant, « c’est un relais de croissance potentiel », suggère Alexandre Boy.

Des stratégies différentes en fonction des pays

Alexandre Boy, consultant, analyste de marché pour le cabinet Agritel.

À noter qu’en fonction des pays, les stratégies sont différentes. Si traditionnellement on consomme d’importantes quantités de blé dur pour le couscous, pour limiter la facture à l’import l’Algérie et la Tunisie favorisent la production de blé dur plutôt que celle du blé tendre dont la valeur sur les marchés internationaux est moindre. Mais c’est l’inverse pour le Maroc, indique Alexandre Boy: « Le Royaume a fait le choix de faire évoluer la consommation vers davantage de blé tendre pour réduire ses besoins en blé dur ».

D’un point de vue qualitatif, le Maroc exige en moyenne un taux de protéines de 11,5 points, l’Algérie 11 et la Tunisie 10. Parallèlement depuis 2005 le taux de protéines des blés français n’a cessé de chuter, alors qu’il était autour de 12,3 en moyenne en 2005, il est désormais à 11 points constate Alexandre Boy, tandis que les pays importateurs maintiennent leur exigence « Il faut absolument stabiliser le taux de protéines pour maintenir nos débouchés ».

Pour la campagne en cours, retenons que l’Algérie a déjà chargé 2 millions de tonnes de blé tendre français (contre 1,3 Mt l’an passé à la même date), le marché du Maroc s’est lui aussi ouvert après que le Royaume a levé les droits de douanes. Par ailleurs du blé dur français a été acheté par le Maroc (un fait relativement rare). Les importations tunisiennes devraient être plus limitées, 150000 à 200000 tonnes estimées pour cette campagne, sur cette destination, le blé français est challengé par le blé en provenance de la mer Noire.

 

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