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Exportations/céréales

Apprendre de ses erreurs

Publié le 17/03/2016 - 13:43

Après une année commerciale en demi-teinte, France Export Céréales demande à ce que la filière s’organise collectivement et tire les leçons de ses erreurs passées. À trois mois de la fin de la campagne commerciale (30 juin 2016), sauf événement majeur, le stock de fin de campagne de blé devrait avoisiner les 6 millions de tonnes, un record depuis 17 ans. France Export Céréales organisait mercredi 16 mars sa journée annuelle d’informations et d’échanges. L’occasion de revenir sur les forces et faiblesses des opérateurs de marché de la production à la commercialisation. "Il faut admettre que cette année n’est pas une grande réussite sur le plan de la commercialisation, mais il faut en tirer des conclusions", a rappelé Jean-Pierre Langlois-Berthelot, président de France Export Céréales.

"Changer nos habitudes"

Ce bilan lourd, n’est pas tant le fait d’une faillite sur le plan commercial mais plutôt d’un disponible exportable record lié au volume de production lui aussi record (41 millions de tonnes contre 37,5 Mt en 2014) a rappelé Pierre Duclos du Synacomex (Syndicat national du commerce d’exportation des céréales).

"Le disponible exportable français dépend plus des variations de production que de la consommation intérieure, d’où la nécessité d’anticiper par rapport à la lecture des bilans".

La "mauvaise" habitude française, au regard des campagnes précédentes, consiste à démarrer les campagnes de commercialisation assez tardivement. Trop ?

"Oui, nos concurrents sont présents dès le mois d’août sur les marchés y compris sur nos marchés traditionnels" justifie Pierre Duclos. "Les trains ne passent qu’une fois, ça passe lorsqu’il y a 11 millions de tonnes à exporter, mais pas quand on en a 15 millions", poursuit-il.

Autre écueil, la trop forte dépendance aux destinations traditionnelles, notamment les pays du Maghreb. "Il faut élargir notre terrain de jeu", insiste le responsable.  Enfin Pierre Duclos estime qu’il y a une mauvaise lecture des prix à travers le prisme de la prime.

"Une prime négative est une barrière psychologique, alors l’intérêt individuel l’emporte sur l’intérêt collectif. Les stocks en dépôt sont une arme à double tranchant."

"Il faut qu’au niveau des producteurs et des OS il y ait une prise de conscience. Le marché ne se résume pas au coup que l’on va faire, il faut raisonner sur la campagne entière", analyse pour sa part le président de France Export Céréales.

Aussi pour sauvegarder l’équilibre des marchés, il faut inévitablement "organiser l’offre à l’export", comment ? En régularisant le flux en fonction des surplus prévisibles et en jouant d’opportunisme et de compétitivité. Pour Jean-Pierre Langlois-Berthelot, c’est une tâche tout à fait accessible à condition de le construire collectivement, a-t-il conclu devant une salle pour le moins réceptive.

 

 

 

Commentaires

Comme pour l'ensemble des productions, une organisation de hauts sera de plus en plus nécessaire pour s'approcher de l'offre et la demande... Nous sommes sortis des quotas des laitiers et nous en voyons les conséquences +/- catastrophique notamment pour nos éleveurs...Ce n'est pas le cas à court terme pour le transformateur et le consommateur...Lorsque l'on constate un "laisser aller" des emblavements type blé/blé ou des rotations courtes, n'y a-t-il pas un peu de ménage et de bon sens à apporter... La liberté économique n'est pas une fleur sauvage qui poussent à tout vent mais nécessite UNE MACRO ORGANISATION...

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