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Enquête cultures

Pois et féveroles, des cultures qui s’appréhendent différemment en fonction des régions

Publié le 28/01/2020 - 10:05

Le pois est une culture appréciée des producteurs pour ses impacts agronomiques dans la rotation, mais pas seulement. Près de 40 % de ceux qui cultivent du pois en Poitou-Charentes Vendée le font aussi pour des raisons économiques.

L’enquête de Terres Inovia montre des disparités parfois importantes d’un bassin de production à l’autre sur la façon dont sont appréhendées les cultures de pois et de féverole.

Selon une enquête de Terres Inovia, les producteurs introduisent des pois ou de la féverole dans la rotation pour des raisons agronomiques. Ce n’est pas une surprise. Néanmoins, il existe des différences entre bassins. Ainsi, près de 40 % de ceux qui cultivent du pois en Poitou-Charentes Vendée le font aussi pour des raisons économiques, contre 25 % des producteurs du Centre. Les différences sont encore plus accentuées pour la féverole (20 % dans l’Est contre 45 % dans l’Ouest). Des disparités existent aussi dans les débouchés. L’alimentation animale domine, mais la commercialisation à des fins humaines est plus importante dans le Nord et dans l’Est, surtout en pois de printemps. Dans le Sud, la production de semences est plus fréquente que dans les autres bassins. En féverole, les débouchés pour l’alimentation humaine se placent après les semences et l’alimentation animale en raison d’une demande export en forte diminution. En revanche, l’utilisation de la féverole dans les associations avec le colza ou les couverts explique l’importance des débouchés en semences pour cette légumineuse. Dans l’Ouest et le Sud-Ouest, près d’un agriculteur sur deux utilise la féverole en semences de ferme (contre 29 % en moyenne nationale) pour l’alimentation animale ou pour des couverts.

Le stress hydrique pénalise toujours les rendements

En termes de rendements, les pois de printemps s’expriment mieux dans les limons sains (près de 45 q/ha) que dans les sols argilo-calcaires profonds (36 q/ha). Malgré un risque de stress hydrique en fin de cycle, un tiers des surfaces chez les agriculteurs interviewés sont cultivées en sols superficiels. C’est ainsi que les rendements plafonnent à près de 38 q/ha en Poitou-Charentes dans des sols argilo-calcaires, rendzine ou groies superficielles contre près de 42 q/ha dans ce même type de sols pour les autres régions (Nord, Pays de la Loire, Bretagne, Normandie).

Des densités trop élevées

L’étude montre par ailleurs les impacts de certaines pratiques culturales. Les densités trop élevées, par exemple, pénalisent les rendements. Dans l’Est, 25 % des surfaces de pois d’hiver et pois de printemps ont été semées avec plus de 120 grains/m² bien au-dessus de l’optimum, entre 70 et 115 grains/m² pour le pois d’hiver selon le type de sol (limon à craie) et 70 et 105 grains/m²pour le pois de printemps selon ces mêmes types de sol. En féverole, le phénomène est accentué : un quart des féveroles d’hiver est semé à plus de 40 grains/ m² (optimum entre 20 et 30 grains/ m² selon le type de sol, limons à sols argileux) et le quart des féveroles de printemps est implanté à plus de 50 grains/m² pour un optimum compris entre 40 et 50 grains/ m². Résultat, ces densités excessives augmentent les risques de verse et de maladies foliaires.

Bien choisir sa date de semis

Selon l’enquête, les dates de semis les plus tardives en pois d’hiver assurent une meilleure régularité de rendement. Et il en est de même pour les semis les plus précoces en pois de printemps. En féverole, la date de semis est encore plus impactante sur le rendement. En féverole de printemps, les semis précoces sur sol ressuyé en 2018 ont donné les meilleurs rendements. Des semis tardifs dans un sol non ressuyé ont, par exemple, fait chuter les rendements à 29,5 q/ha au lieu de 39,3 q/ha pour les semis précoces les plus productifs.

L’ascochytose est la première maladie mentionnée

Selon l’enquête en 2017, en pois d’hiver, le nombre de passages effectués a été de 1,2 pour les herbicides, 0,8 pour les insecticides et de 1,5 pour les fongicides. En pois de printemps, le nombre de passages a été respectivement de 1,4; 1, 4 et 1,3. En féverole d’hiver, les producteurs ont effectué 1,5 passage en herbicides, 0,7 en insecticides et 1,9 en fongicides. Et enfin pour la féverole de printemps, le nombre de passage relevé a été respectivement de 1,4; 1,1 et 1,5.

De façon générale, les producteurs soulignent que les maladies les plus observées sont, par ordre d’importance, l’ascochytose, le botrytis, l’oïdium, la rouille et le mildiou. Or, il n’existe pas de traitement en végétation contre le mildiou et la rouille a été citée dans des secteurs où normalement elle n’est pas présente. Les insectes observés sont, par ordre d’importance, puceron, sitone, bruche, tordeuse et thrips. Terre Inovia s’interroge sur l’importance donnée aux bruches plutôt qu’aux tordeuses contrairement aux indications données par les bulletins BSV. Enfin, l’irrigation est pratiquée en Poitou-Charentes (10 % des surfaces) et dans la région Centre-Val de Loire (18 % des surfaces). Elle permet des augmentations de rendement en pois de l’ordre de 5 à 6 q/ha. La quasi-totalité des producteurs tiennent compte de l’effet précédent légumineuse dans le calcul de la fertilisation azotée. Le reliquat azoté rappelle Terre Inovia oscille entre 20 et 60 unités d’azote pour des céréales à paille et entre 30 et 60 q/ha pour le colza.

 

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