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Ravageurs du maïs

La géomyse, principal ravageur en 2016

Publié le 23/12/2016 - 09:00

H. Grare / Pixel Image
D'après l'AGPM, les dégâts de géomyze en Bretagne ont causé le ressemis de 5000 à 7000 hectares de maïs en 2016, et on en compte autant qui n’ont pas été ressemés. Bien que le coût d’un resemis soit important, de nombreux producteurs ont opté pour cette solution. Et notamment les éleveurs utilisant du maïs fourrage.

Globalement plus rares que celles d’oscinies ou de taupins, les attaques de géomyzes ont fortement impacté un grand quart ouest de la France en 2016. Des dégâts ont été observés sur la quasi-totalité de la Bretagne, au sud de la Normandie et au nord des Pays de la Loire. La conjugaison d’un hiver doux, de pluies abondantes au mois de mars, et de températures inférieures aux normales entre le semis et le stade trois feuilles, ont augmenté fortement le risque d’attaques de géomyzes. Aucun type d’environnement proche ou d’exposition ne semble plus favorable. Mis à part la protection insecticide, peu de facteurs semblent influencer le niveau d’attaques.

Les symptômes sont visibles dès le stade trois feuilles : on observe un dessèchement de la feuille centrale, qui va gagner les autres feuilles (Arvalis - Institut du végétal). Mais le symptôme le plus caractéristique est l’épaississement du collet de la plantule, qui permet d’éviter la confusion avec d’autres maladies. Ce gonflement donne un aspect « plant de poireau » au collet, d’où le surnom de la géomyze : la mouche du « poireautage ».

Sans protection, beaucoup de dégâts 

Une fois les symptômes constatés, ils sont irréversibles. Les plantes touchées vont souvent disparaître. Les dégâts se chiffrent couramment entre 30 et 50% de plantes détruites, et jusqu’à 80% dans certaines situations. Mais bien souvent, les semences de maïs sont protégées par un insecticide qui permet de lutter contre cette mouche. Depuis trois ans, environ 50% des surfaces de maïs (grain et fourrage) sont protégées, à l’aide du produit Sonido (2 hectares protégés sur 3), appliqué en traitement de semences, ou à l’aide de microgranulés (1 hectare protégé sur 3) appliqués dans la ligne de semis. Néanmoins, le Sonido est en sursis : composé de thiaclopride (néonicotinoïde), ce produit sera interdit d’utilisation à partir du 1er septembre 2018. Des alternatives existent toutefois. En effet, des solutions microgranulés composés de pyréthrinoïdes continuent d’arriver sur le marché. Karaté 0,4GR et Trika Expert sont composés de la même quantité de lambda cyhalothrine, mais Trika Expert est formulé sur un support fertilisant également utilisé en tant que microgranulé starter. Avec les produits Fury Geo, Force 1,5 G et Belem 0,8 MG, cela porte à cinq le nombre de solutions microgranulés différentes utilisables pour la protection des semis de maïs contre les ravageurs du sol.

Cependant, seuls les produits Force 1,5 G et Belem 0,8 MG ont été utilisés significativement pour protéger les semis en 2016. En effet, Fury Geo, Karaté 0,4GR et Trika Expert ont des contraintes d’utilisation importantes (DVP1 de 20 mètres, ZNT2 de 20 mètres), qui limitent fortement l’attrait des agriculteurs pour ces produits. Dans le cas d’une attaque précoce (avant 4-5 feuilles), les cinq produits microgranulés ont présenté des efficacités assez proches, mais moins régulières que le produit Sonido. Mais face aux attaques intenses et qui se poursuivent au-delà du stade 5 feuilles, les produits microgranulés ont enregistré une efficacité plus intéressante que Sonido, grâce à une meilleure persistance d’action. 

Pour aller plus loin : www.fiches.arvalis-infos.fr/fiche_accident/fiches_accidents.php?mode=fa&type_cul=3&type_acc=3&id_acc=157

(1) DVP : dispositif végétalisé permanent.

(2) ZNT : zone non traitée.

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