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Mer Noire

Ukraine et Russie sous surveillance

Publié le 17/02/2015 - 11:33

Un cessez-le-feu a finalement été obtenu en fin de semaine dernière entre l’Ukraine et les rebelles pro-Russe à l’est du pays. Un cessez-le-feu jugé fragile par les commentateurs, tant que les armes ne se sont pas encore complètement tues. 

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Mais l’autre élément sous surveillance, moins belliqueux certes, concernant cette région, c’est l’état des cultures à la mi-février.

« Les semis se sont faits dans des conditions très sèches, l’implantation est jugée tout juste convenable », estime Olivier Bouillet, directeur exécutif à l’international pour le cabinet Agritel.

S’en est suivi un mois de janvier plus humide mais sans grande période de froid, à l’exception de quelques jours mi-janvier mais sans couverture neigeuse. « La situation est plus critique en Russie qu’en Ukraine, et notamment dans le district sud du pays, le pourcentage des surfaces en situation difficile est estimé à environ 30% sur cette région », poursuit Olivier Bouillet. Et compte tenu du contexte, les agriculteurs n’auront certainement pas la trésorerie pour ressemer à la sortie de l’hiver.

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Concernant les emblavements sur cette région et notamment sur l’Ukraine, on assiste à une diminution de la sole de colza, à la faveur du blé.

« Ce sont environ 10% des surfaces en moins en colza constatés sur l’Ukraine. Une situation justifiée par le ratio prix du colza/prix du blé qui n’encourage pas les producteurs à semer du colza. Idem pour les arbitrages entre le soja et le maïs. Nous estimons qu’il va y avoir un léger repli des surfaces de maïs à la faveur du soja. Le maïs est une culture très chère à implanter, toutefois les prix du soja se sont tassés, ce repli ne sera pas aussi conséquent que ce que nous pensions il y a deux mois », détaille le spécialiste.

Autre élément à suivre, les emblavements en orge. « Il y a eu une forte demande à l’export pour l’Ukraine, cette année, avec des prix très rémunérateurs, et c’est une culture très peu onéreuse à mettre en place. »

Un engouement pour le tournesol « high oléique »

La culture du tournesol est bien adaptée à la partie sud de l’Ukraine, et c'est une culture très rentable, notamment le tournesol à forte teneur en acide oléique. « On suppose que la demande en semences de la part des agriculteurs ukrainiens mais aussi européens va être soutenue. Mais cette demande n’a pas été anticipée par les semenciers, seulement 40% de la demande sera probablement satisfaite », estime le spécialiste. 

D’après Olivier Bouillet, il y aura probablement un écart important dans les rendements à cause d’un déficit des apports d’engrais et de la pression maladie. Rappelons en effet que les capacités de production d'engrais en Ukraine sont situées notamment dans la région du Dombass, en proie aux conflits. Donc sur le marché local il y a clairement un déficit dans les approvisionnements, à cela s’ajoutent les problèmes de trésorerie des agriculteurs. Autre élément d’inquiétude, la pression fongique en sortie d’hiver, liée aux températures relativement douces pour la région cet hiver (5°C en moyenne). Entre ceux qui auront les moyens d’une protection efficace et les autres, les écarts risquent de se creuser...

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