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Argentine

Les élections peuvent-elles avoir un impact sur l’agriculture du pays ?

Publié le 27/10/2015 - 14:05

Ce dimanche 25 octobre, les Argentins étaient appelés aux urnes pour élire le futur président. Le mandat de Cristina Fernandez de Kirchner arrivant à son terme, et elle ne peut, selon la constitution, briguer un troisième mandat. Des élections qui peuvent avoir un impact non négligeable sur l’agriculture du pays.  

Deux candidats s’affronteront pour un second tour, prévu le 22 novembre, mais dont l’issue semble incertaine. Le premier d’entre eux, Daniel Scioli, de centre gauche, est plutôt perçu comme le candidat de la continuité par rapport à la présidente Cristina Fernandez de Kirchner. Tandis que son challenger Mauricio Macri, maire de droite de la ville de Buenos Aires, est considéré comme plus libéral. Assez peu d’opposition majeure en matière d’économie et de social, indique Iris (Institut de relations internationales et stratégiques). « Personne ne semble pouvoir publiquement se défaire du consensus de type keynésien – croissance par la redistribution des richesses et rôle de l’État dans l’économie publique et privée – qui prévaut dans le pays. Il y a de ce point de vue une forme d’hégémonie du kirchnérisme, le terme est issu des deux derniers présidents Nestor Krichner (2003- 2007) décédé en 2010 puis son épouse Cristina à la tête du pays depuis 2007. Les différences entre les principaux candidats se font surtout sur des questions de gestion de l’économie, du gouvernement, de lutte contre la corruption, de sécurité, de délinquance. Il s’agit davantage de se demander comment mieux gérer la continuité. »

Les taxes à l’export en question

Il y a cependant un sujet qui concerne l’agriculture du pays. Un sujet que nous avons déjà abordé, les taxes à l’export sur les matières premières mises en place pour limiter l’inflation des prix domestiques et pour ramener des dividendes, le pays comptant parmi les plus grands pays exportateurs. Interrogé par Agrimoney.com, l’analyste Dr Cordonnier explique « quand bien même le soja est forcément taxé à l’export, les agriculteurs ont privilégié le soja au détriment du maïs parce que les contrôles étaient moins lourds et pénalisants, au mépris même de la durabilité des agrosystèmes ». L’Argentine est devenue un pays où la monoculture du soja prédomine. Si les taxes venaient à être moins lourdes, cela profiterait peut-être au maïs.

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Mauricio Macri a d’ores et déjà annoncé qu’il lèverait ces taxes s’il était élu, tandis que son adversaire promet un réexamen. « Mais ce ne sont que des promesses de campagne, c’est pour le moment facile de le promettre mais il faut savoir qu’elles comptent pour 10 à 11% du budget du pays… », poursuit le Dr Cordonnier.

Alors que le deuxième tour est annoncé pour le 22 novembre, le Dr Cordonnier précise que de plus en plus d’agriculteurs retardent leur semis de maïs pour éviter qu’il ne soit pénalisé par les grosses chaleurs de janvier au moment de la pollinisation. Si pour le moment les intentions de semis de maïs sont inférieures à celles de l’année dernière (2,7 millions d’hectares contre 3,4 en 2014, source Bolsa de Cereales), les agriculteurs peuvent attendre décembre pour prendre leur décision et donc l’issue du 2nd tour.

 

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