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Amérique du Sud

Le retour en force de l’Argentine

Publié le 19/01/2016 - 15:12

Le bonheur des uns fait le malheur des autres. Depuis l’avènement de Mauricio Macri à la tête de l’Argentine, le 10 décembre dernier, le pays fait un retour fracassant sur la scène internationale en matière d’exportations. Un élément qui ajoute au pessimisme actuel.

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En effet, concrètement, grâce à la suppression des quotas à l’exportation, les volumes de certificats délivrés à l’exportation cumulent à 1,1 million de tonnes pour le mois de décembre 2015 contre 160000 t en novembre. Par ailleurs avec la fin du régime de change fixe, le peso s’est largement déprécié ce qui accentue la compétitivité du blé argentin. Tandis que le dollar valait 9,8 pesos argentins le 16 décembre, un mois après, le billet vert pèse 13,36 pesos argentins.

Ce qui permet au blé argentin d’être très compétitif. Ainsi le 23 décembre 2015, le Gasc égyptien achète 2 fois 60000 tonnes de blé argentin à des prix C&F de 190,28 et 191,60 dollars/t. En parallèle, l’offre française, quand bien même le coût de fret était inférieur, était respectivement à 197,52 et 198,94 dollars/t. L’Argentine détrône donc la France avec une compétitivité FOB bien meilleure. À noter que c’est la première vente de l’Argentine vers l’Égypte depuis 2012. Autre fait d’arme, le chargement de blé argentin à destination des USA, le blé américain non plus n’est pas compétitif !

La double peine

Le volume disponible à l’export pour l’Argentine est prévu à environ 6 millions de tonnes pour la campagne 2015/2016 contre 4,1 Mt pour la campagne 2014/2015 et 1,7 Mt en 2013/2014 (sources FranceAgriMer). Au 15 janvier la récolte est réalisée à 94%. La production attendue sera inférieure aux campagnes précédentes 10,1 Mt contre 11,75 Mt en 2015/2014 (source Bolsa de Cereales) compte tenu des conditions très humides au moment des semis, de plus cette année la qualité suscite l'interrogation.

« Pour une qualité qui en général atteint les 12,5% de protéines, certains avancent que la récolte est dégradée à 50% avec des taux de protéines très faibles », indique Olivia Le Lamer, chez de l’unité Céréales chez FranceAgriMer. Et cela non plus ce n’est pas une bonne nouvelle, car cela signifie que l’Argentine pourrait aussi prospecter les marchés du blé fourrager notamment sur les destinations du sud-est asiatique. « Et en plus il reste des blés mal conservés de l’ancienne campagne. L’Argentine a donc le potentiel d’être sur différents segments de marché et de nous challenger aussi sur le marché de l’alimentation animale », insiste la responsable. Ainsi l’Argentine risque d’être un acteur important à considérer sur la deuxième partie de campagne.

 

 

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