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Amérique du sud

Argentine/Brésil : quelques incertitudes sur les récoltes

Publié le 20/01/2015 - 09:37

Si 2014 fut l’année du foot pour toute l’Amérique Latine, 2015 sera-t-elle celle des bonnes récoltes ?

Premier focus, la récolte de blé argentin. Elle se termine et le dernier rapport de la Bolsa de céréales estime la production finale à 11,2 millions de tonnes, en deçà des prévisions de l’USDA et de FranceAgriMer d'octobre 2014 qui l'estimaient à 12 millions de tonnes. Les rendements moyens s'élèvent à 28,4 q/ha (-1,4 q/ha par rapport à la moyenne des 5 dernières années).

Par ailleurs, il semble que les pluies excessives ont dégradé la qualité. Un élément confirmé par Sébastien Poncelet consultant chez Agritel. « La récolte de blé en Argentine est très moyenne en quantité et qualité, on relève notamment des problèmes de fusarioses. Ce qui signifie qu’il y a très peu de chance que ces blés sud-américains viennent nous concurrencer sur le marché de l’Afrique du Nord cette année. »

Par ailleurs, « le gouvernement est pris entre le besoin de devises (dont le secteur agricole est le premier pourvoyeur) et la volonté de juguler l’inflation », indique FranceAgriMer. Et l’année 2015 pour l'Argentine est une année d’élection présidentielle. Le gouvernement fera donc tout pour limiter l’inflation sur le pain, en limitant notamment les licences octroyées à l’export. Ou tout au moins ces licences octroyées seront juste suffisantes pour approvisionner le voisin brésilien en blé meunier. En effet, le blé brésilien est peu adapté aux spécifications meunières et il reste donc le principal acheteur de blé argentin.

 

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Quid de la Safrina ?

Au Brésil, la récolte de blé semble elle aussi un peu décevante. C’est en tout cas ce que rapporte Fabiano Poganella, producteur au Brésil : « la production de blé dans le sud du Brésil a été compromise par des excès d'eau au moment de la floraison, entraînant des problèmes de fusarioses entre autres. Selon les régions, les rendements ont chuté de 20 à 80%. » 

Mais pour le Brésil, c'est plutôt le maïs qui intéresse spécifiquement les opérateurs de marché.  Safra/Safrina désignent respectivement en portugais la récolte et la petite récolte. « Plus de 50% des volumes de maïs brésilien se font en dérobé, les semis se font juste après la récolte de soja aux mois de mars et avril. Dans le jargon, on l’appelle la Safrina, la petite récolte. Mais cette année, le soja a été semé avec 1 mois de retard, donc les maïs seront semés au début de la saison sèche, voire ils ne seront pas semés. Ce qui laisse entrevoir pas mal d'incertitudes sur les volumes à venir », conclut Sébastien Poncelet.

 

 

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